utopie
La matérialité pourfend mon âme. Ces choses, toutes ces choses dont je dépend... Place de parking qu'on ma prise, téléphone oublié, les enfants ou prétendus tels, majeurs mais incapables de s'assumer dans un monde qu'ils consomment pourtant à pleines dents, pleines bouches, avides qu'ils sont de tout posséder, ingurgiter, utiliser, user, casser, jeter, tout me ramène à terre dans un vacarme d'émotions assourdissant.
Je ne devrais plus m'en laisser conter ni compter.
Ces inquiétudes que je sais vaines mais que je ne parviens pas à chasser hors mes pensées, je dois les fuir, les oublier, les faire disparaître et parvenir avec encore quelques efforts à oublier jusqu'au nom des jours qui se succèdent.
J'y parviendrai, je le sais, mais devrai me répéter ces mots pour m'en convaincre aussi.
L'autopersuasion est ma seule arme à présent mais j'aspire à un monde plus lointain, plus serein et rêveur, où l'amour ne serait ni chantage, ni soumission, ni colère, ni déception, ni dépendance. L'amour qui libère et non l'inverse, l'amour pour la vie à défaut d'être à même d'aimer correctement les vivants.
Parler ne sera plus obligatoire ni nécessaire lorsque j'aurai retrouvé mon état normal, celui où je m'invente des mondes avec d'autres couleurs que ces gris environnants. L'escalade est abrute sur cette terre et pourtant inévitable. Taux de croissance en baisse, glissade, chute, remonter, montrer les dents, les attaques viennent de toute part, la politique et son cortège de malversations et de mensonges amènent l'inquiétude jusque dans le sommeil. Ne plus parler serait un pas, ne plus entendre en ferait deux.
Mais ne plus entendre ceux qui nous ressemblent serait un renoncement à soi-même.
Trouver son propre paradis semble impossible ici à moins que....
à moins que je l'invente et me le construire là,
au bord du coeur.
bisoussssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssss