« Il sera là demain matin »

« Je vous en prie »

« Au revoir »

Toutes ces phrases répétées, redites, expulsées parfois lorsque la fatigue est trop grande.

Poussez madame, poussez, c’est votre métier madame la téléopératrice et restez aimable je vous prie.

Plus que quelques minutes à tenir.

Je vais quitter cette réalité et rejoindre mon antre.

Là bas, j’espère parvenir à me détacher de tout cela et retrouver le fil, le petit fil de ma vie que je sens s’effilocher depuis quelques temps.Sans doute devrais-je l’emmener vers des utopies légères et vaporeuses pour ne plus lui peser.J’y parviendrai, avec un peu d’effort, avec la volonté d’une concentration méditative sur l’essentiel. Il suffit parfois de se laisser envelopper par le silence, à peine strié du bruit de sa propre respiration.

La pensée tiendra son siège tout simplement, laissant libre cours aux impulsions de l’hypothalamus.

Seulement respirer et expirer, seulement vivre.

Pas de violence, seulement vivre.

Pas de cris, un sourire

Pas de larmes

J’ai joué tant d’années avec elle. C’est elle qui se joue de moi à présent. Elle gagnera en faisant que je la perde.

Seulement respirer, vivre, sourire.

Les chants se feront seuls et en silence.Les notes seront dans l’autre monde. Musique céleste, tendre le cœur pour l’entendre.

"Il sera là demain matin"

"Je vous en prie"

"Au revoir"

Je serai là demain matin

 

 

 

Peut – être