Je me sens prisonnière, pas même libre d'exprimer ici des faits ou évènements que j'aimerais pouvoir partager pour avoir ne serait-ce que l'illusion de m'en délester un instant.

La vie qui m'attend, celle que l'on m'a proposée et à pour laquelle j'ai dit "oui" sans trop savoir ce qu'il en retourne, n'est pas de celles que j'avais imaginées ni même espérées et pourtant j'ai dit "oui".
Or dans cette vie rien ne parle d'Amour, ni d'émotion, ni même d'amitié.
Cette vie parle d'argent, de chiffres, d'économie, uniquement !
J'y ai vu moi, l'humain et l'amitié car c'est là mon moteur, mais aussi la tristesse et ce manque de liberté face aux chiffres qui demeurent les vainqueurs du tout.

Ce monde n'est pas le mien et pourtant. Pourtant j'ai parié que j'allais essayer d'en faire un beau, un tout petit monde de solidarité, de respect et d'amitié où l'humain aura sa place parmi les chiffres, malgré eux, avec eux et pourquoi pas grâce à eux.

Le manège va tourner, s'arrêter pour certains, le temps de changer de distraction, car ce n'est rien moins que cela. Et ne croyez pas que ceux qui sont assis et tournent comme des benets avec des sourires forcés que seul le mouvement de rotation provoque, juste avant la nausée, seront nécessairement les plus heureux de toute la fête forraine.

Je n'aurai pas cette année de barbe à papa ! Le romantique est tombé du petit train et je n'ai pas su quand. Je n'ai rien vu et même s'il en avait été ainsi, je ne crois pas que j'aurais eu la force de tirer le signal d'alarme. Qui l'aurait entendu au milieu de tout ce vacarme ?
Les cris ici se ressemblent tellement et la peur et la joie se mêlent dans toute fête forraine.